Archive for October, 2011

We need a new round table of knights !

 

Where are “the ones” ?

Those who will be capable to pull us out of this rising water?

I have this thrill that I have when I dive into fresh deep sea water…

I hold my breath and look forward to this moment when I can swim up to the glittering surface and take a deep breath of warm air.

Now, we are all diving into deep black water. We’ll have to breathe deeply on the contrary, and swim to the light, to this new place where we will recover from a deep inside trip.

Smile

Make your team smile

Make your company smile

Make your city smile

Make your country smile

Make your planet smile

 

New Knights Round Table are preparing themselves… join them !

 

Michel de Kemmeter

www.uhdr.net

Solutions for a sustainable future already exist…

Hyperconductors, cheap energy storage and production, mutual learning and health prevention technology, neurosciences, sustainable affordable habitat, co-creation techniques, sustainable governing.

BUT. They challenge patriarcal organisations, strict limiting beliefs of people stuck in ego and power, economy and financial systems.

No wonder good sustainable ideas are wiped out, bought and buried, or need superhuman powers to survive or emerge.

Collective consciousness is rizing quickly and “pushing up” these new paradigms. One condition for success: decide to go behind the mirror of appearances. Of our own lives, of global issues, of specific corporate and society issues. Detect purpose, meaning, driven by passion and love, translated in concrete actions and pilot projects making sens for everyone.

We need a “tipping point” enough of people willing to reconnect with Mother Earth, with Common Good, and with love for themselves, for the others and for the living. Very very tough in these periods of fear, doubt, and anger. When crisis is going to be really tough, 2 groups of, people will be created: the fearful, and the confident. If the fearful win, humanity is in danger, if the confident win, we are going to enter a fabulous world for our selves and for our children.

Your decision:

- matriarchal sharing values, or patriarchal controlling power

- sharing or competing

- autonomous leadership or dependance

- fulfilment or stress

Up to you.

Systemic crisis is just an invitation for a quantum-leap in consciousness.

New paradigm don’t arrive by chance. It’s first our individual decision.

Responsible leadership is needed for seriously sustainable transition management.

Disruptive innovation in business models and societal organisation are at our doors.

 

Michel de Kemmeter

www.uhdr.net

Les dimensions oubliées

« S’ils avaient une solution dans la boîte – on l’aurait su… ». Un peu simpliste, mais une réalité pure et dure. Les solutions proposées le sont avec la même façon de penser qui a créé le problème – alors qu’Einstein nous invitait déjà à sortir de la boite et à chercher des solutions avec d’autres façons de penser que celle qui a créé le problème… qu’avons-nous donc appris ?

C’est clair, les solutions durables qui émergent déjà de cette remise en question globale et planétaire, sont issus d’un détour inhabituel : politiquement non corrects, bousculant les idées toutes faites, les conditionnements collectifs aveuglants, activant des zones dormantes du cerveau, mobilisant des ressources sous-utilisées,… c’est peu banal. De tous nouveaux modèles économiques et sociétaux se créent de façon naturelle et sont co-créés par les acteurs de terrain – par nécessité, et même parfois de façons naturelles. Les exemples se multiplient : Facebook, Google, l’Islande.

Le paradigme physique sur lequel nous avons construit notre système économique et financier a très bien fonctionné pendant des centaines d’années. Mais il ne fonctionne bien que dans un système dit « ouvert ». Ressources infinies – transformation – déchets – produit fini – décharge. Mais la globalisation a « fermé » le système – il nous fait toucher à ses limites. C’est comme si un capuchon hermétique était posé sur le bac à fleurs. Le système économique doit à présent trouver un nouvel équilibre, ne détruisant pas le biotope dans lequel il se trouve.

Mais… étant dans la nature de la nature de croître, de grandir, ainsi que dans la nature de l’homme, le « drive » reste vivant. Où alors pourrons-nous grandir, croître ? Sur d’autres planètes ? Peut-être. En tout cas certains en rêvent – mais ce n’est pas pour demain. Ici sur terre ? Certains prônent la décroissance… pas très excitant. Ce que je propose c’est effectivement une croissance dans des dimensions intérieures, invisibles, sur les dimensions qui rendent la vie et les affaires si passionnantes. Dimensions qui font précisément toute la différence dans les entreprises, équipes et vies individuelles ! Mais comment y accéder ?

Un détour s’impose. Celui des valeurs profondes, humaines, celles qui nous relient à la terre, au Bien Commun, aux autres, au vivant. Nous avons eu trop longtemps l’habitude de s’arrêter aux apparences, au matériel tangible et palpable, alors que 6/7 de l’iceberg est immergé, caché, portant la banquise émergée – lui permettant d’exister. De quoi va-t-on se souvenir vraiment, la veille de notre mort ? Les beaux moments de partage, la confiance, le rêve, la passion des projets et des équipes, le sentiment de contribuer à quelque-chose de bien, de laisser la terre un peu meilleure qu’à notre arrivée. Ces aspects si précieux sont précisément les qualités qui font d’une entreprise une entreprise excellente. Ces valeurs font toute la différence dans l’entrepreneuriat. La culture, les valeurs humaines, la RSE, les « soft skills », la gouvernance, La valeur immatérielle de l’entreprise représente en moyenne déjà plus de 80% de la valeur de capitalisation. Une fortune colossale. Un potentiel gigantesque cachant toute la valeur humaine ne demandant qu’à s’exprimer. Les succès-stories réussissent, non par hasard, mais après avoir investi du temps et des ressources dans ces dimensions non palpables – de façon consciente – jusqu’à les mettre dans leur ADN. Ces dimensions sont infinies, illimitées, et ne demandent qu’à être exprimées. Au plus grand bonheur des équipes, clients et partis prenants.

À l’image de la chenille ayant mangé beaucoup, arrivée à maturité, nous sommes invités à prendre un peu de recul, pour à l’intérieur de son cocon, se transformer en papillon – la société aussi, avec ses systèmes économiques, politiques, administratifs aussi, est invitée à se métamorphoser en papillon, en une société équilibrée dont nous seront fiers, pour et avec nos enfants et petits-enfants. L’enjeu est la mort et résurrection du système, des entreprises et systèmes sociaux, et peut-être de l’humanité toute entière. Ca va demander du courage, du discernement, du rêve, de la mobilisation. Les premières prémisses témoignent déjà d’un succès possible. Intelligence scientifique, intelligence de cœur, intelligence pragmatique combinés ouvrent des dimensions du possible. Mais il ne s’agit que de quelques % de la société, de la population qui est prête à cette démarche. Allons-nous réussir ? Pas certain. Mais toutes les pièces du puzzle de la réussite se trouvent déjà sur terre. À chacun de nous de les détecter, de les mettre ensemble comme un Légo, et d’expérimenter, d’abord en marge, ensuite dans les organisations entières.

Les « dimensions oubliées » existent depuis toujours. Elles ont été fermées partiellement ou entièrement, consciemment ou non, par une société braquée sur les apparences. Newtonienne, Cartésienne, elle nous a menés à une maturité qui nous oblige à les ré-ouvrir. Chacun pour soi, chaque entreprise, et ensuite par conséquences, l’humanité entière. Contrairement aux idées reçues, la responsabilité incombe non pas uniquement au dirigeants, mais surtout à la population elle-même. Il ne suffit pas de descendre dans les rues pour exiger des choses que le monde politique et le dirigeants ne peuvent même plus offrir, mais surtout de faire chacun pour soi le chemin de découverte de ses dimensions personnelles de talent, de rêve, d’existence, de vision, de raison d’être. Humblement. C’est un peu court d’exiger d’un certain « On », des solutions alors que l’eau est déjà arrivé au menton de toute l’humanité. Il arrivera un moment où chacun sera devant sa propre responsabilité de survie. Ce jour-là doit être anticipé par chacun, dans une optique constructive de contribution au bien commun. Plus tôt la réflexion est entamée, plus vite les solutions individuelles et collectives émergeront. Et… le problème de l’un deviendra la solution pour l’autre. Nous entrerons dans l’ère systémique inspirée de la logique d’équilibre naturel dans un système clos et limité. Chacun et chaque règne y trouvera sa place. Avec ou sans nous.

www.uhdr.net

michel@uhdr.net

Un choc est un signal

 

C’est dans la nature de l’humain, il ne va pas se bouger tant qu’il n’en est pas obligé. Le point charnière est toujours un événement suffisamment bouleversant que pour devoir remettre les choses en perspective et en question. Un accident, une maladie, un décès, une séparation, une faillite. Tout à coup, d’autres dimensions s’ouvrent : une attention pour les enfants, les amis, les priorités, les valeurs profondes, l’épanouissement, les rêves, les vrais talents,… Il en est de même au niveau d’une organisation, d’une entreprise, d’un pays, ou de toute l’humanité. La maturité et l’intelligence collective n’est pas à la hauteur d’une vraie prise de responsabilité. La crise de 1999-2001 n’a pas été assez forte. Au contraire, les années 2000 ont été marquées par une boulimie capitaliste exacerbée un peu partout dans le monde. 2008 ? Un début de prise conscience, mais il y a encore trop d’enjeux, de croyances limitatives, de systèmes de pouvoir, et… d’égo. 2011-2012 ? Peut-être ce sera le moment où chacun pourra ou devra mettre en perspective son lien à sa vie, à son corps, à la terre, à son activité et métier, à la qualité de ses relations aux autres et au monde. Espérons-le car en cas d’autisme prolongé le prix à payer sera fort lourd. Les chiffres et conséquences scientifiques sont déjà connus. Une extinction accélérée des espèces, et peut-être de l’humanité elle-même. Extinction physique et/ou psychologique…

Besoin d’un choc ? Nous allons être servis. Déséquilibre démographique, dettes souveraines, vulnérabilité du système bancaire et financier, écologie, climat, ressources épuisées, déséquilibres géostratégiques, stress et absentéisme, malnutrition au sud et surnutrition au nord, manque d’eau, déconnexion sociétale entre générations,… le tout en simultané. Ces chocs sont signaux de quoi ? Que nous sommes des mauvais gestionnaires de la terre ? Non. Que notre conscience collective est arrivée à un seuil de maturité. Comme si la chenille avait suffisamment mangé et qu’elle se prépare à faire son cocon, dans la perspective de devenir papillon. Une humanité qui puisse s’envoler comme un papillon dans ses rêves et projets servant le bien commun, pour le plus grand bonheur de nos enfants qui n’attendent que cela.

Une phase de l’évolution sur cette terre se termine. Une nouvelle s’ouvre. Comment pouvons-nous aider à cette transition, chacun, humblement ? Pouvons-nous sauvegarder les acquis importants et protéger nos familles, nos équipes, nos entreprises ?

Dans le processus de gestion d’un choc, les réactions peuvent être diverses : se battre, s’enfuir, ou se pétrifier (fight-flight-freeze). Scénarios.

Se battre : pour la survie, se battre demande beaucoup d’énergie

S’enfuir : nier le choc, faire semblant qu’il ne se passe rien…

Pétrifier : disjoncter, ne plus savoir quoi,… avec burn-out individuel et collectif.

Pas très glorieux… Une autre attitude cependant est possible s’inspirant des arts martiaux : non pas esquiver, mais utiliser l’énergie de l’adversaire, du choc, pour rebondir et créer de la valeur.

Dès lors, ouvrons nos perceptions, intuitions, compétences techniques et humaines afin de chercher la valeur potentielle – l’antimatière en quelque sorte – derrière les chocs. Les « grands » qui ont marqué l’histoire ont chacun réussi à activer ce passif caché, cette antimatière pour créer de sauts qualitatifs dans la connaissance et conscience collective. Nous sommes dans une période charnière qui l’exige. Voici quelques pistes…

Santé : l’éducation du fonctionnement notre corps, notre cerveau, notre comportement et ses impacts sur notre santé – la prévention viendra en complément a curatif.

Education : travailler sur le développement de la personne, le contenant en complément du contenu. Ajouter une dimension d’épanouissement personnel et de talents individuels en complément du bourrage de crâne. Appendre ensemble, les uns des autres, de comment exister pleinement dans la société avec ses créativités individuelles.

Sport : les installations, les performances – oui, mais aussi utiliser le sport comme véhicule d’épanouissement personnel, comme façon de remédier aux maux de l’humain – le stress, le burn-out, la dépression, la malbouffe, la solitude et l’individualisme.

Politique : une notion de service au bien commun, mobilisateur, venant en complément d’une gestion de bon père de famille avec et pour les citoyens – avec bon sens.

Séniors : un sens et une contribution aux défis du moment avec leur engagement dans les enjeux, dans les groupes de réflexion, d’apprentissage et d’entraide, leur donnant d’emblée une façon de continuer à exister pleinement.

Jeunes chômeurs : arrêter de les prendre pour des « losers », et reconstruire les liens, ce qui nous permettra de bénéficier des talents et de la magie de cette génération qui se sent déconnectée des enjeux historiques de la société.

Médias et édition : avoir le courage de donner un vrai sens à l’info, se connectant aux besoins et aux défis du collectif. Oser de distinguer de façon qualitative et créative, se libérant de la loi de l’audimat, nivelant par le haut l’intelligence des masses – donc limiter l’alimentation des énergies de peurs et colère collectives.

Habitat : retrouver le sens du collectif, des systèmes, de liens à la terre et au bien commun, et construire des biotopes ajoutant de la valeur sociale et naturelle aux communautés villageoises et citadines.

Vie en société : retrouver la simplicité de la rencontre de l’autre, différent, avec ouverture, pour en apprendre et créer de nouvelles synergies sociales et sociétales.

Systèmes financiers : coupons les grosses machines financières en petits morceaux, bien connectés à ce qui se passe sur le terrain, aux besoins de la société émergente, à la créativité des citoyens actifs, créateurs de valeur(s) – au service d’une santé économique collective porteuse.

Religion et spiritualité : offrons-nous des espaces temps, dans des lieux de rencontre et de « prise de recul » individuels et collectifs, pour se connecter à ce qui nous relie tous – chacun avec notre style du moment. Détectons dans les autres obédiences les points de rencontre, ainsi les points de différences qui stimulent notre ouverture de coeur.

Et vous verrez que la « quête » – le problème de l’un deviendra une solution pour l’autre.

Nous nous engageons collectivement dans la dernière ligne droite d’un défi historique, non pas de la gestion d’un énième cycle de Kondratieff, mais la dernière guerre du pouvoir masculin contre l’accueil féminin, des apparences contre l’intériorité, l’homme contre la machine, l’esclavage contre la liberté, de la peur contre l’amour. De très nombreuses personnes travaillent déjà dans l’ombre – individuellement et collectivement – à ce travail salutaire. Donnons-nous mutuellement du courage d’avancer. Cela bouscule certes, mais toutes les solutions existent déjà, mais… en dehors de nos zones de perception.

Tout cela est déjà bien en route, qu’on le veuille ou non. À nos tables à dessin, à nos équipes – c’est le moment d’activer le potentiel humain dormant !

www.uhdr.net

michel@uhdr.net

The Values of Time

Un choc est un signal

C’est dans la nature de l’humain, il ne va pas se bouger tant qu’il n’en est pas obligé. Le point charnière est toujours un événement suffisamment bouleversant que pour remettre les choses en perspective et en question. Un accident, une maladie, un décès, une séparation. Chacun de nous en a été témoin de près ou de loin. Tout à coup, d’autres dimensions s’ouvrent : une attention pour les enfants, les amis, les priorités, les valeurs profondes, l’épanouissement, les rêves,… Il en est de même au niveau d’une organisation, d’une entreprise, d’un pays, ou de toute l’humanité. La nécessité de changer est criante. Mais… cela ne se fera qu’au prix d’un choc suffisamment puissant. La crise de 1999-2001 n’a pas été assez forte. Au contraire, les années 2000 ont été marquées par une boulimie capitaliste exacerbée un peu partout dans le monde. 2008 ? Un début de prise conscience profonde, mais il y a encore trop d’enjeux, de croyances limitatives, de systèmes de pouvoir, et… d’égo. 2011-2012 ? Peut-être ce sera le moment où chacun pourra ou devra mettre en perspective son lien à sa vie, à son corps, à la terre, à son activité et métier, à la qualité de ses relations aux autres et au monde.

Un choc ? Nous allons être servis. Déséquilibre démographique, dettes souveraines, vulnérabilité du système bancaire et financier, écologie, climat, ressources épuisées, déséquilibres géostratégiques, stress et absentéisme, malnutrition au sud et surnutrition au nord, manque d’eau, déconnexion sociétale entre générations,… le tout en simultané. Mais ensuite : signal de quoi ? Que nous sommes des mauvais gestionnaires de la terre ? Non. Que notre conscience collective est arrivée à un seuil de maturité. Comme si la chenille avait suffisamment mangé et qu’elle se prépare à faire son cocon, dans la perspective de devenir papillon. Oui – une humanité qui puisse s’envoler comme un papillon dans ses rêves et projets servant le bien commun, pour le plus grand bonheur de nos enfants qui n’attendent que cela.

Une phase de l’évolution sur cette terre se termine. Une nouvelle s’ouvre. Mais laquelle ? Et comment pouvons-nous aider à cette transition ? Surtout, pouvons-nous sauvegarder les acquis importants et protéger nos familles, nos équipes, nos entreprises, nos administrations, notre éducation, nos soins de santé ?

Dans le processus de gestion d’un choc, les réactions peuvent être diverses : se battre, s’enfuir, ou se pétrifier (fight-flight-freeze).

Scénarios.

Se battre : pour la survie, se battre demande beaucoup d’énergie

S’enfuir : nier le choc, faire semblant qu’il ne se passe rien.

Pétrifier : disjoncter, ne plus savoir quoi,… avec burn-out individuel et collectif à la clé.

Pas très glorieux tout cela.

Une autre attitude cependant est possible s’inspirant des arts martiaux : non pas esquiver, mais utiliser l’énergie de l’adversaire, du choc, pour rebondir et continuer à « surfer » et créer de la valeur.

Dès lors, ouvrons nos perceptions, intuitions, compétences techniques et humaines afin de chercher la valeur potentielle – l’anti-matière en quelque sorte – derrière les chocs. Les grands de l’histoire ont chacun réussi à activer ce passif caché, cette anti-matière pour créer de sauts qualitatifs dans la conscience collective. Nous sommes à une période charnière qui l’exige.

À nos tables à dessin, à nos équipes – c’est le moment d’activer le potentiel humain dormant !

Un avenir qui compte…

À l’heure des notations qui défraient la chronique, Michel de Kemmeter nous propose de chiffrer d’autres données que celles qui nous préoccupent aujourd’hui. De la créativité à l’innovation en passant par les réseaux, il part à la recherche de nos richesses sous exploitées et nous incite à ouvrir les portes d’un monde intérieur négligé. Envisager le temps autrement et redonner du sens aux choses, tout en gardant les pieds sur terre ; des propositions audacieuses qu’il a mises en pratique très concrètement dans plusieurs entreprises.

De la créativité à l’innovation en passant par les réseaux, Michel de Kemmeter part à la recherche de nos richesses sous exploitées et nous incite à ouvrir les portes d’un monde intérieur négligé. Envisager le temps autrement et redonner du sens aux choses, tout en gardant les pieds sur terre ; des propositions audacieuses qu’il a mises en pratique très concrètement dans plusieurs entreprises.

Posons-nous les bonnes questions, réfléchissons autrement, sortons de l’obsession boulimique d’un monde qui sort de ses gonds, donner du sens, amener des nouvelles solutions et de l’innovation.


La comptabilité va sauver le monde ?

Elle ne va pas sauver le monde mais, en nous permettant de mesurer la valeur, matérielle et immatérielle, où elle se trouve, elle va nous permettre de nous poser les bonnes questions pour créer de la valeur aux étages où c’est nécessaire. Si on se concentre sur la comptabilité matérielle, l’obsession sera de créer de la valeur matérielle. Nous sommes aujourd’hui dans une période où d’autres questions se posent ; des questions sociétales, des questions de vision du monde, des questions de modèles de société. Or tout cela n’est ni repris, ni mesuré. Cela nous invite à trouver d’autres échelles de mesure, de valeur, de valorisation, qui vont nous inviter à un questionnement et qui vont également nous donner envie de créer de la valeur ailleurs et autrement. Donc la comptabilité ne va pas sauver le monde, mais elle pourrait nous ouvrir des portes de création de valeur qui nous permettront de sauver pas mal de choses.

Vous soulignez l’importance des éléments intangibles, dont on commence à reconnaître l’apport y compris dans les entreprises. Pour paraphraser Antoine de Saint-Exupéry, l’essentiel est invisible pour les yeux ?

Oui. C’est à dire que le matériel (le visible, le tangible) est la résultante d’un travail immatériel. L’engagement, la motivation, la vision, la créativité, tout cela n’est effectivement pas visible pour les yeux mais a une importance cruciale. Tout le monde le sait. Pourtant, nous n’avons pas l’habitude de le chiffrer et d’en tenir compte afin de travailler de façon construite et consciente avec l’immatériel. Aujourd’hui dans les entreprises la valeur immatérielle devient de plus en plus importante. Il faut savoir que la moyenne de la valorisation des valeurs immatérielles en entreprise (ce sont des chiffres du S&P 500) est de

85 %.
Il ne s’agit pas de bâtiments, de meubles ou de machines mais de capital humain, de capacité d’innovation, de créativité, de réseaux. Cela représente un capital colossal et je prétends donc que ça vaut la peine de s’y attarder. Je ne suis heureusement pas le premier à le dire.

Après l’ère de l’accomplissement allons-nous entrer dans l’ère de l’épanouissement ?

Je pense que l’accomplissement va rester. C’est dans la nature de la nature et c’est dans la nature de l’homme que de grandir et d’évoluer. Les grands de l’Histoire, qui ont réellement marqué, qui ont apporté quelque chose d’inestimable dans la société des humains, étaient tous dans cette démarche d’accomplissement. Ce sont des gens qui avaient, ou qui ont, un rêve, une vision. Ils ont réussi à mettre en musique leurs capacités. Ce faisant ils se sont épanouis et se sont affirmés dans leurs talents autant que dans leur existence. Ce n’est qu’en faisant ce détour par l’épanouissement, en existant à 100 % dans leurs talents, qu’ils ont réussis à s’accomplir.
Accomplissement et épanouissement sont les deux faces d’une même pièce. Il faut faire ce détour consciemment en se demandant « Qu’est-ce qui fait que je vais m’épanouir ? Qu’est ce qui va me rendre heureux de partager avec mes congénères ? Qu’est-ce qui va me rendre fier d’avoir vécu sur cette terre ? ». Ce détour devient obligatoire pour pouvoir fonctionner dans le monde de demain. Un effet secondaire apparaît progressivement dans la société ; les gens qui font ce détour se découvrent des talents, des passions, pour lesquels ils n’étaient pas nécessairement programmés au départ. On va donc déprogrammer certaines choses pour se reprogrammer sur sa passion, son rêve, sa mission de vie. On récupère une face cachée individuelle en fait, pour pouvoir récupérer et cartographier la face cachée collective de l’entreprise et de la société. Ce n’est pas l’un sans l’autre. L’objectif ne doit pas être que l’épanouissement car nous devons continuer à avancer, à innover, pour trouver les solutions aux défis historiques qui sont face à nous. D’autant que ce sont des défis d’une très grande complexité et qui se superposent. J’ai envie de dire qu’il va falloir se lever un peu plus tôt et que nous aurons besoin des talents de tout le monde y compris, et même surtout, de nos enfants. Notre responsabilité aujourd’hui c’est de nous offrir l’espace de faire ce détour. Pour nous, pour nos enfants, pour nos parents, pour tout le monde. Personne n’a aujourd’hui le luxe d’en faire l’économie.

Sorties de leur contexte, certaines de vos propositions ont des allures très « new age » voire « baba cool ». Vous abordez pourtant des vrais problèmes concrets. Est-ce difficile d’être pris au sérieux dans ce domaine ?

Au début des années 2000, quand j’ai commencé mon travail, c’était très difficile effectivement. J’avais cette intuition profonde et quand j’en parlais autour de moi, on ne me prenait pas au sérieux. Mais mes intuitions ont été très fort confirmées par l’Histoire. Aujourd’hui, nous nous rendons compte de l’échec et mat de la pensée matérielle, défendue entre autres par Adam Smith et Milton Friedman, pour laquelle nous avons été programmés. On le voit partout, si il y avait une solution concrète, pragmatique et jouable, on l’aurait su. Mais on l’attend toujours. En tant qu’ingénieur j’ai du faire l’exercice jusqu’au bout. Plutôt que de ronronner des idées et partir sur une orbite autour d’une autre planète, qui est le monde des idées, j’ai du aller sur le terrain et prouver par A + B que cela fonctionnait en faisant des projets pilotes.
Comme je suis ingénieur, j’aime bien faire des petites maquettes qui donnent envie de construire plus grand. Ces projets pilotes, dont je parle dans mon livre, sont des expérimentations faites avec des grandes entreprises. Chaque fois, je me suis associé à des grands partenaires qui sont sur un réel chemin humble de remise en question. Ils nous ont offert un espace de travail, restreint certes, mais qui nous a donné la possibilité de tester et de valider de nouvelles approches.
Tout à coup ça prend une toute autre allure. Non pas dans le monde des idées mais dans le monde des projets chiffrables, étayés par des témoignages de gens sur le terrain. Ça ne fonctionne pas toujours mais cela nous permet quoiqu’il arrive d’ajuster le tir si besoin et d’oser croire que ces projets peuvent avoir un impact plus important. Cela étant dit, ces idées sont tellement éloignées de la zone de perception traditionnelle, qu’il faut consentir des efforts de missionnaire pour ne serait-ce qu’amener les interlocuteurs à considérer ainsi leur propre métier. Passée cette réticence, il faut continuer à mobiliser autour des projets.
C’est effectivement un réel défi car nous sommes très loin des modes opératoires traditionnels. Pour tout cela, être belge est un atout. Parce que le belge a une énorme qualité, il est pragmatique. Le pragmatisme nous oblige à aller jusqu’au bout de l’exercice, c’est à dire planter la graine, fertiliser le terreau et attendre le fruit. D’autres peuples plus élitaires ou plus dans le monde des idées n’ont pas forcément cette démarche. Le belge est à la croisée des cultures et des chemins et c’est un terrain idéal pour démarrer ce genre de projets décalés, avant de les exporter. Autre grand avantage d’être belge, c’est que nous sommes politiquement très bien accueillis partout dans le monde.

Notre époque soulève de nombreuses interrogations. Interrogations auxquelles beaucoup d’entre nous peinent à répondre. Assistons-nous à une forme de désarroi de la société ?

Je le pense. C’est très curieux, malgré de nombreuses initiatives porteuses autour de nous, nous sommes collectivement pris sous une chape de plomb qui empêche l’émergence de nouveaux modèles. Cette chape de plomb est constituée de tout un éventail de peurs : peur de l’inconnu, peur du découragement, peur de l’insécurité, peur de la diversité, peur de l’avenir. On préfère aujourd’hui verser dans l’ancien modèle plutôt que de se bousculer. Cela a un effet de découragement, de tristesse, de colère. Je pense que 90 % du public est touché.
Il reste sans doute 10 % des gens qui vont aller au bout de leurs rêves, malgré cette chape de plomb. Ce sont ces gens là qui vont sortir du lot au moment où ce sera le plus difficile, au moment où la lourdeur sera telle que 90 % vont sombrer dans leurs propres peurs. Ce sont des gens qui, curieusement, sont aujourd’hui dans l’ombre, mais qui iront jusqu’au bout de leur réflexion et de leur reconnexion avec leurs talents. Ils vont nous apporter des idées complètement nouvelles, nous ouvrir à des métiers complètement nouveaux. Je suis de ce point de vue très optimiste. Il est possible que ce désarroi soit d’ailleurs un passage obligé pour la société, pour permettre l’émergence de ces leaders de demain, qui tireront la société vers le haut.

Retrouver la confiance et la motivation, c’est la clé de notre avenir ?

Oui mais ça ne suffit pas. Il y a d’abord la question du sens. J’aime bien le mot anglais « purpose ». Un but individuel : « Pourquoi suis-je là ? Pourquoi et comment puis-je contribuer à ce défi ? ». Il faut d’abord avoir une réflexion sur le sens, parce que le sens est le plus grand motivateur humain. Ce qui permet à l’humain de traverser toutes les tranchées, tous les pare-feux, c’est la question du sens. Si ce que nous faisons a du sens, nous pouvons développer une motivation au delà de tout ce que nous avons jamais connu. Avec la confiance personnelle, l’ancrage en soi, et la motivation ce sont les trois composantes – tête (sens), cœur (motivation) et corps (ancrage personnel dans l’action) – avec lesquelles nous devons nous reconnecter individuellement et collectivement. Individuellement c’est un travail personnel et collectivement c’est le travail des équipes dans l’entreprise, quitte à trouver des profils ailleurs que dans les castings traditionnels avec les cv sur lesquels on fait des sélections aujourd’hui. Beaucoup d’entreprises vont probablement s’allier à des compétences différentes, « out of the box » comme on dit. Elles seront porteuses de quelque chose de nouveau.

Vous utilisez les concepts grecs de chronos, kairos et aiôn pour proposer une nouvelle façon de se positionner dans le temps. Notre société, très marquée par le monothéisme et les valeurs judéo-chrétiennes, peut-elle appliquer à nouveau ces idées issues du polythéisme ?

Chronos c’est le temps du corps physique, le temps du monde manifesté. Mon temps chronos, c’est entre maintenant et ma mort. Il s’agit d’une durée définie. C’est justement cette notion là qui pose problème. Le monde va de plus en vite. L’humain souffre de cela, de pathologies dues au stress…
Le kairos, dans mon interprétation du mot, ce sont toutes les dimensions cachées qui sont de l’ordre de la profondeur dans l’instant. Il y a des moments qui sont plats, qui passent. Il y a d’autres moments, comme maintenant durant cet entretien, où nous plongeons dans la dimension du sens et de la compréhension. Le kairos ce sont ces dimensions cachées de l’être qui ne demandent qu’à être ouvertes et utilisées. Tous les moments magiques dont nous nous souviendrons la veille de notre mort, ce sont des moments de profondeur. Ces dimensions existent au niveau individuel, collectif ou sociétal. Il nous suffit d’attacher de l’importance à la profondeur et de les développer.
La troisième vision du temps c’est l’aiôn, le temps circulaire. L’aiôn représente le cycle de la vie, les saisons, le rythme. Si nous pouvons entrer dans ce temps cyclique, nous entrons dans une croissance individuelle et collective.

Certes, ce ne sont pas des concepts aisés à appréhender pour nous car nous sommes conditionnés notamment par cette notion judéo chrétienne du jugement dernier. Nous sommes cuits dans un moule qui nous met devant un dieu extérieur qui est juge et qui va nous juger après notre mort. Je prétends que nous sommes aujourd’hui dans le jugement premier, c’est à dire notre jugement sur nous-mêmes. Si nous nous jugeons nous-mêmes victimes d’un système ou incapables, nous nous coupons les ailes. Nous devons sortir du jugement par rapport à nous-mêmes et nous ouvrir à nos dimensions intérieures dans le présent, pas dans un futur hypothétique. Le vocabulaire, la sémantique et les philosophes sont là pour nous rappeler que nous sommes invités à aller chercher ailleurs. C’est à nous d’oser expérimenter d’autres formes de pensée et d’autres façons de s’observer.

L’aiôn, ce temps de non pulsé comme le décrit Gilles Deleuze, n’est-il pas en quelque une « vision d’avenirs » ?

 

Oser plonger dans nos dimensions intérieures, par cycles, par vagues, c’est la clé. Plus nous allons nous reconnecter à ces dimensions, plus nous allons nous reconnecter à l’environnement, à la terre, aux autres, au « bien commun ». Nous devons recréer ces liens avec nous-mêmes et avec autrui. Cela se fera en fonction de notre capacité à plonger intérieurement. Respecter les rythmes des personnes et des saisons… entre dans l’évolution avec gratitude pour le vivant.



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