Un choc est un signal

 

C’est dans la nature de l’humain, il ne va pas se bouger tant qu’il n’en est pas obligé. Le point charnière est toujours un événement suffisamment bouleversant que pour devoir remettre les choses en perspective et en question. Un accident, une maladie, un décès, une séparation, une faillite. Tout à coup, d’autres dimensions s’ouvrent : une attention pour les enfants, les amis, les priorités, les valeurs profondes, l’épanouissement, les rêves, les vrais talents,… Il en est de même au niveau d’une organisation, d’une entreprise, d’un pays, ou de toute l’humanité. La maturité et l’intelligence collective n’est pas à la hauteur d’une vraie prise de responsabilité. La crise de 1999-2001 n’a pas été assez forte. Au contraire, les années 2000 ont été marquées par une boulimie capitaliste exacerbée un peu partout dans le monde. 2008 ? Un début de prise conscience, mais il y a encore trop d’enjeux, de croyances limitatives, de systèmes de pouvoir, et… d’égo. 2011-2012 ? Peut-être ce sera le moment où chacun pourra ou devra mettre en perspective son lien à sa vie, à son corps, à la terre, à son activité et métier, à la qualité de ses relations aux autres et au monde. Espérons-le car en cas d’autisme prolongé le prix à payer sera fort lourd. Les chiffres et conséquences scientifiques sont déjà connus. Une extinction accélérée des espèces, et peut-être de l’humanité elle-même. Extinction physique et/ou psychologique…

Besoin d’un choc ? Nous allons être servis. Déséquilibre démographique, dettes souveraines, vulnérabilité du système bancaire et financier, écologie, climat, ressources épuisées, déséquilibres géostratégiques, stress et absentéisme, malnutrition au sud et surnutrition au nord, manque d’eau, déconnexion sociétale entre générations,… le tout en simultané. Ces chocs sont signaux de quoi ? Que nous sommes des mauvais gestionnaires de la terre ? Non. Que notre conscience collective est arrivée à un seuil de maturité. Comme si la chenille avait suffisamment mangé et qu’elle se prépare à faire son cocon, dans la perspective de devenir papillon. Une humanité qui puisse s’envoler comme un papillon dans ses rêves et projets servant le bien commun, pour le plus grand bonheur de nos enfants qui n’attendent que cela.

Une phase de l’évolution sur cette terre se termine. Une nouvelle s’ouvre. Comment pouvons-nous aider à cette transition, chacun, humblement ? Pouvons-nous sauvegarder les acquis importants et protéger nos familles, nos équipes, nos entreprises ?

Dans le processus de gestion d’un choc, les réactions peuvent être diverses : se battre, s’enfuir, ou se pétrifier (fight-flight-freeze). Scénarios.

Se battre : pour la survie, se battre demande beaucoup d’énergie

S’enfuir : nier le choc, faire semblant qu’il ne se passe rien…

Pétrifier : disjoncter, ne plus savoir quoi,… avec burn-out individuel et collectif.

Pas très glorieux… Une autre attitude cependant est possible s’inspirant des arts martiaux : non pas esquiver, mais utiliser l’énergie de l’adversaire, du choc, pour rebondir et créer de la valeur.

Dès lors, ouvrons nos perceptions, intuitions, compétences techniques et humaines afin de chercher la valeur potentielle – l’antimatière en quelque sorte – derrière les chocs. Les « grands » qui ont marqué l’histoire ont chacun réussi à activer ce passif caché, cette antimatière pour créer de sauts qualitatifs dans la connaissance et conscience collective. Nous sommes dans une période charnière qui l’exige. Voici quelques pistes…

Santé : l’éducation du fonctionnement notre corps, notre cerveau, notre comportement et ses impacts sur notre santé – la prévention viendra en complément a curatif.

Education : travailler sur le développement de la personne, le contenant en complément du contenu. Ajouter une dimension d’épanouissement personnel et de talents individuels en complément du bourrage de crâne. Appendre ensemble, les uns des autres, de comment exister pleinement dans la société avec ses créativités individuelles.

Sport : les installations, les performances – oui, mais aussi utiliser le sport comme véhicule d’épanouissement personnel, comme façon de remédier aux maux de l’humain – le stress, le burn-out, la dépression, la malbouffe, la solitude et l’individualisme.

Politique : une notion de service au bien commun, mobilisateur, venant en complément d’une gestion de bon père de famille avec et pour les citoyens – avec bon sens.

Séniors : un sens et une contribution aux défis du moment avec leur engagement dans les enjeux, dans les groupes de réflexion, d’apprentissage et d’entraide, leur donnant d’emblée une façon de continuer à exister pleinement.

Jeunes chômeurs : arrêter de les prendre pour des « losers », et reconstruire les liens, ce qui nous permettra de bénéficier des talents et de la magie de cette génération qui se sent déconnectée des enjeux historiques de la société.

Médias et édition : avoir le courage de donner un vrai sens à l’info, se connectant aux besoins et aux défis du collectif. Oser de distinguer de façon qualitative et créative, se libérant de la loi de l’audimat, nivelant par le haut l’intelligence des masses – donc limiter l’alimentation des énergies de peurs et colère collectives.

Habitat : retrouver le sens du collectif, des systèmes, de liens à la terre et au bien commun, et construire des biotopes ajoutant de la valeur sociale et naturelle aux communautés villageoises et citadines.

Vie en société : retrouver la simplicité de la rencontre de l’autre, différent, avec ouverture, pour en apprendre et créer de nouvelles synergies sociales et sociétales.

Systèmes financiers : coupons les grosses machines financières en petits morceaux, bien connectés à ce qui se passe sur le terrain, aux besoins de la société émergente, à la créativité des citoyens actifs, créateurs de valeur(s) – au service d’une santé économique collective porteuse.

Religion et spiritualité : offrons-nous des espaces temps, dans des lieux de rencontre et de « prise de recul » individuels et collectifs, pour se connecter à ce qui nous relie tous – chacun avec notre style du moment. Détectons dans les autres obédiences les points de rencontre, ainsi les points de différences qui stimulent notre ouverture de coeur.

Et vous verrez que la « quête » – le problème de l’un deviendra une solution pour l’autre.

Nous nous engageons collectivement dans la dernière ligne droite d’un défi historique, non pas de la gestion d’un énième cycle de Kondratieff, mais la dernière guerre du pouvoir masculin contre l’accueil féminin, des apparences contre l’intériorité, l’homme contre la machine, l’esclavage contre la liberté, de la peur contre l’amour. De très nombreuses personnes travaillent déjà dans l’ombre – individuellement et collectivement – à ce travail salutaire. Donnons-nous mutuellement du courage d’avancer. Cela bouscule certes, mais toutes les solutions existent déjà, mais… en dehors de nos zones de perception.

Tout cela est déjà bien en route, qu’on le veuille ou non. À nos tables à dessin, à nos équipes – c’est le moment d’activer le potentiel humain dormant !

www.uhdr.net

michel@uhdr.net

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