Une nouvelle économie demande une nouvelle façon de mesurer et de créer la valeur

new economy

1. Changement de modèle économique


a. L’ancien modèle économique : tout ce que l’individu et l’entreprise font est focalisé sur l’accumulation de valeur matérielle – pour le sujet. Les notions de manque, de survie et de peur sont centrales.


b. La proposition nouvelle : tout ce que l’individu et l’entreprise font est focalisé sur la création de valeur à tous les étages, dans tous leurs écosystèmes, en offrant leurs excellences particulières. L’effet secondaire étant que l’écosystème met des ressources supplémentaires à disposition, et que le sujet devient indispensable et résilient. Les notions d’abondance, de vie et de réalisation sont centrales.


Les 2 nouveaux principes du modèle de la « Systémique de Ressources » sont donc :
(1) La valeur se mesure en bilan et se crée à plusieurs étages (7), non pas à la seule valeur matérielle.
(2) Le modèle linéaire fournisseur-transformation-client laisse la place à un modèle cyclique, systémique, où l’acteur crée de la valeur dans son écosystème, utilisant les ressources de cet écosystème en amenant le meilleur de lui-même.


2. Principes de fonctionnement


a. Cartographie des parties prenantes
Détecter ses parties prenantes – cartographier l’écosystème dans lequel nous fonctionnons. Fournisseurs, fournisseurs des fournisseurs, clients, employés, écoles, communautés, administrations, réseaux, voisins, fédération, syndicats, …
b. Détection des besoins (passifs), des ressources (actifs) des parties prenantes
Aller à leur rencontre, parler avec eux de façon ouverte – sans jugement – dans une intention de collaboration durable, de rencontre d’intérêts communs,
Détecter leurs besoins : leur quête du moment, leurs aspirations.
Détecter leurs ressources : leurs qualités, excellences, talents, connaissances, réseaux, ressources matérielles, maîtrises, dons, projets porteurs.
Le tout bien dans le détail, en mettant chaque ressource à sa place, dans un des 7 bilans, et les besoins aussi, du côté du passif des 7 bilans.
c. Triangulations entre besoins et ressources dans l’écosystème
Trianguler de toutes les façons possibles les ressources et besoins, en veillant à boulonner son projet dans ces nouvelles boucles. Ensuite, choisir les quelques projets les plus porteurs de valeur.
d. Validation des nouvelles façons de créer de la valeur
Faire un deal gagnant-gagnant où vous activez leurs ressources au service de votre projet et de la valeur à créer dans votre écosystème. Valider collégialement les nouveaux modèles de contribution.
e. Action teams de parties prenantes
Les équipes poreuses doivent émerger naturellement, et être portés par ceux qui ont le plus envie de contribuer. C’est souvent une façon de se réaliser qui porte ces personnes – restés passifs trop longtemps par manque d’espace d’expression.
En cas de détection de « passifs » immatériels, il faut avoir le courage d’y plonger et de le transformer en valeur, car le plus souvent, le passif est une ressource fabuleuse de valeur. Souvent les réponses se trouvent au cœur des questions, des problèmes.
La méthode « Appreciative Inquiry » capitalise sur les valeurs immatérielles, sur « ce qui fonctionne », un moteur positif de progrès et de prospérité.
f. Zoom arrière
Revoir le modèle d’affaires, et comment toutes ces initiatives enrichissent l’écosystème de votre entreprise ou communauté. Comment elles peuvent répondre aux enjeux globaux, en lien avec la raison d’être de l’entreprise de départ.
Un exemple parlant est celui de Danone qui a réussi à mobiliser les forces vives en interne et en externe au service de leur mission de base. Une myriade de petites activités créent de la valeur aujourd’hui, en continu, portées par des personnes passionnées, répondant ainsi aux défis de nutrition un peu partout sur leurs marchés, en particulier dans les pays qui en ont le plus besoin. Ces activités créent des milliers d’emplois.


3. Avantages et conséquences de la « Systémique de Ressources »


a. Faire plus avec plus
Loin des notions d’austérité, cette approche permet d’activer des ressources, plus que nécessaire, pour créer de la valeur. Nous ne sommes plus dans une notion de décroissance frugale, mais dans une prospérité de croissance collaborative.
b. Moins de risque
Étant donné que les parties prenantes sont entrés dans le jeu à partir de jour 1, ils ne sont plus opposés, mais collaborent et œuvrent dans la même direction que les porteurs de projet. Ils ne sont plus à convaincre ou à battre, que du contraire. La notion de « Nimby » est balayée car il y a de la valeur pour chacun. Les pièges sont détectés et levés plus rapidement car la perception collective aide à construire un projet avec une intention collective de réussite.

c. Moins de coûts fixes et variables
Vu que les ressources ne doivent plus être achetées, louées, que chaque partie prenante prend une partie – un segment du projet, en lien avec son excellence, et que chacun s’y retrouve, les frais fixes sont fort allégés, ainsi que le sfrais variables qui sont mutualisés dans l’écosystème.

d. Rapidité, agilité
Les projets sont validés rapidement par qui de droit, les ressources activées car existantes – apportées aux projets, l’inertie laisse la place à l’agilité. En cas de recalibrage, comme les ressources ne sont pas achetées, le projet peur facilement « tirer des bords » pour s’adapter aux situations changeantes.

e. Collaboration humaine mobilisatrice
Le point de départ étant la notion de contribution – le motivateur le plus puissant de l’être humain – le bien commun mis en avant tire toute l’équipe vers son objectif commun. Nous sommes très loin des égos qui veulent s’accaparer pouvoir et argent. La dynamique démarre « d’au-dessus », la contribution au bien commun : « faire quelque-chose de bien ». Ce qui offre reconnaissance, estime de soi, développement des talents et compétences. Là où l’ancien modèle démarre d’en dessous, l’intention d’accumuler pour soi, par un contrôle et la possession exclusive des ressources.


f. Plus de réalisation humaine
La quête de sens est sur toutes les lèvres. Individuellement et collectivement. Des communautés émergent un peu partout dans le monde, pour créer ce monde « meilleur ». Cela va de pair avec une augmentation de conscience individuelle, une aspiration à authenticité, justesse, cohérence, bonheur individuel et collectif. Cette dynamique apporte beaucoup dans la réalisation de chacun dans sa vie personnelle : entrer dans son excellence, sa maîtrise, sa puissance et son autonomie. C’est un peu dérangeant pour ceux qui font leur fonds de commerce de la dépendance de leur public ou clients. Mais qu’ils le veuillent ou non, l’émergence a démarré, et ce sera avec ou sans eux. Les avantages d’avoir des équipes puissantes, entrepreneuriales, autonomes, créatives et heureuses est tellement plus efficace et épanouissant, qu’il n’y a vraiment plus photo. C’est aussi une question de générations. L’ancienne école perd rapidement pied car les générations montantes, Y et Z, non seulement sont demandeuses de ce type d’organisation, mais ça coule déjà dans leurs veines.


g. Plus de valeur ajoutée humaine individuelle
Vers un développement durable humain :
– Actions durables : que chacun puisse fonctionner de façon efficace et productive, dans des projets mobilisateurs et épanouissants
– Relations durables : que chacun puisse construire un relationnel basé sur une rencontre véritable de la différence, un partage sincère, et que ces relations soient résilientes contre les chocs de la vie.
– Être durable : avancer personnellement de façon constante dans son excellence, la connaissance de soi, son épanouissement, son authenticité et sa cohérence.


h. Plus de valeur ajoutée systémique : solutions systémiques aux enjeux systémiques
Si chacun crée de la valeur systémique, dans son écosystème, avec son excellence et sa maîtrise, les nombreux défis (mutualisés dans la communauté) seront petit à petit solutionnés. Les jeunes trouveront leur voie, les vieux garderont leur place dans la société et contribueront avec joie, les gens seront en meilleure santé, vivront plus heureux, partageront leurs ressources et diminueront leur impact sur la planète, la diversité sera un atout, l’apprentissage et l’éducation sera permanente pour tous, l’éthique sera naturelle, et personne ne manquera de rien.


i. Moins de stress, burnout et problèmes mentaux
Étant donné que le stress est un signal que ce qu’on fait est en contradiction avec ses valeurs profondes, et que cette nouvelle économie invite chacun à entrer dans ce qui est juste pour elle/lui, le stress diminuera sensiblement. La « Resources Systemics » appliquée au niveau individuel amène épanouissement, réalisation et bonheur.


j. Démutualisation de fonctions sociales
Tous les chiffres le corroborent : le système « état providence » est arrivé à ses limites. Pire, il sera infinancable d‘ici peu. Ce système a rendu les citoyens dépendant, ce qui a laissé le champ libre à ceux qui avec le pouvoir et d’argent en ont fait leur terrain de jeu. Mais comme bientôt tout cela implosera par manque de moyens financiers, de nombreuses fonctions vitales devront être réapproprié par le grand public. Il ne sera plus suffisant de taxer de plus en plus le travail, au prix fort de décourager ceux qui créent de la valeur – ce qui est déjà la cas – mais il va falloir se réapproprier bon nombre de fonctions vitales, ce qui les rendra beaucoup plus efficaces et moins coûteuses (santé, éducation, habitat social,…). Par cette voie de la « Ressources Systemics » les charges sur le travail et l’entreprenariat pourront diminuer.

k. Récupération de « gaspillages humains » : chômeurs, jeunes, pensionnés
Notre société fonctionne à l’image de nos usines : ressources, processus de broyage, déchets. Mais avec des humains… Des masses colossales de gens vivent en marge et à la charge du reste de la société. Victimes en quelque sorte d’une machine dans laquelle ils n’ont pas de place productive. Dans certaines sociétés dites « primitives » (ex. Bali), chacun apporte quelque-chose à la communauté. Ce sont les sociétés où on retrouve le plus d’équilibre général.
La prise de conscience individuelle de ce que chacun peut apporter – jeune ou vieux, ayant un travail ou non – est salutaire pour chacun ainsi que pour la communauté. Les expériences que nous avons fait avec chômeurs et avec séniors est éloquent : le désir de contribuer est omniprésent. Mais cela demande une nouvelle façon de penser et de fonctionner – et surtout, la création de nouveaux « contenants », vides mais bien conçus, où chacun pourra apporter le meilleur de soi.


l. Impact environnemental diminué voir positif
La terre est partie prenante dans presque tous les projets et dans la vie de chacun. La « Resources Systemics » la positionne à chaque fois dans les écosystèmes, avec ses ressources et besoins. Il ne suffit pas de diminuer son impact, mais aussi de contribuer, de compenser, d’ajouter de la valeur pour compenser ce qu’on prend à la terre. Un bilan terre un peu moins négatif est sympa, mais ne solutionne en définitive rien. Il fait aller plus loin encore.

m. Excellence et raison d’être d’individus, organisations, régions
Une des grandes difficultés et de positionner un pays, une région, au cœur d’un monde globalisé, où les différences sont effacées dans un souci d’efficacité. Chaque région tire la couverture à soi en essayant une différentiation basée sur un unique avantage financier possible. C’est un gâchis car la valeur d’une région répond aux mêmes 7 bilans de valeur, et souvent l’attractivité peut être mise en avant différemment. Des avantages uniques en fonction de la culture, des excellences et ressources cachées, de connaissances et réseaux. Pour calibrer la puissance d’un peuple, d’une région ou d’un pays, la cartographie avec la « Resources Systemics » offre un canevas pratique, ergonomique et facile à comprendre pour tous. À ce moment-là, la diversité devient tout-à-coup porteuse de valeur. La question de l’identité est dès lors enfin claire, et peut être exploitée à bon escient, au service de tous.


n. Éducation accélérée et moins coûteuse
Nous savons tous que nos enfants auront 4 à 6 métiers, que les technologies qu’ils auront à gérer n’existent pas encore. Nous aussi, adultes, avons à apprendre tout le temps. Les qualités à développer sont donc la curiosité, l’ouverture d’esprit, le non-jugement. Ensuite, la « Resources Systemics » de l’éducation, formation et apprentissage inclus – bien au-delà des écoles et institutions de formation – les entreprises, les communautés d’excellence, les administrations, les citoyens.
Tous ces acteurs peuvent jouer un rôle plus fort, et cela apportera une valeur formidable, sans augmenter le coût. Au contraire, il diminuera à terme car ils remplaceront les structures existantes qui ne répondent plus aux attentes d’un monde en changement accéléré.


4. Le grand enjeu de notre époque: détecter les potentiels de création de valeur – à plusieurs étages – et les ressources cachées pour y réussir.


Chaque dirigeant sait que la vraie valeur de son entreprise se trouve dans les équipes, et leur capacité à transformer leurs connaissances en produit/service qui répond aux besoins des clients. Mais les valeurs immatérielles ne sont valorisées que de façon fragmentée (marque, brevets,..). Les normes IFRS nous ont amenés sur ce terrain, avec les difficultés que nous connaissons : l’immatériel peut augmenter ou disparaitre du jour au lendemain. Nous sommes invités à une nouvelle rigueur. Celle d’y inclure le passif immatériel, et mettre les valeurs « dans les bonnes cases ». C’est ce que propose la 7D-Value, créé par un entrepreneur belge, Michel de Kemmeter et son équipe : 7 niveaux de valeur (actif), de potentiel (passif), sous forme de bilans. Le passif représentant précisément le potentiel de développement et de croissance. En décodé, avoir le courage et le discernement de mettre le doigt sur des passifs immatériels, ouvre la porte à une nouvelle « puissance » pour l’entreprise.


5. La façon traditionnelle de calculer la valeur


Nous connaissons tous les principes du cash-flow historique extrapolé dans la durée, afin de calculer la valeur d’une entreprise. Mais rien ne garantit que ce cash-flow évoluera de la même façon constante, car le monde est en mutation profonde, et de nouveaux business-modèles émergent régulièrement dans tous les secteurs, avec de nouveaux entrants. L’extrapolation est difficile également car il est rare d’avoir une stratégie fiable à 15 ou 20 ans sur laquelle baser nos calculs. La « photo », ici et maintenant, de la valeur immatérielle, s’impose donc : « Qu’avons-nous sous la main, ici et maintenant, comme valeur et comme potentiel ? ».


6. La proposition d’avenir: cartographie qualificative et quantitative pour mesurer et détecter valeur et potentiel


Les évolutions sur le marché provoquent une demande nouvelle du client : adresser la valeur et le potentiel de leur entreprise. C’est une discussion plus mature et lucide sur la réelle valeur et le réel potentiel des entreprises, et même des autorités communales, régionales et nationales – visualisant ainsi les indicateurs de prospérité et de bonheur citoyen. C’est une innovation historique dans le secteur de la comptabilité et du révisorat. La possibilité de publier devient possible – dans un volet supplémentaire des rapports annuels – de ces postes de la valeur intangible de l’entreprise. C’est délicat, mais c’est une façon puissante de mobiliser les parties prenantes autour du projet commun de création de valeur.
Nous proposons donc une nouvelle rigueur. Qualifier les actifs et passifs à 7 niveaux. Créer 7 bilans qui permettront ensuite de créer de la nouvelle valeur, le passif étant en réalité, l’anti-matière des ressources.


(1)    Le bilan « Terre »
D’un côté, détecter et calculer ce que l’entreprise « prend » à la terre. Ressources, impact CO², eau, air, pollution, etc. De l’autre : ce qu’elle « rend » à la terre : aménagement de biotopes, compensation CO², purification et assainissement d’eau, terre et air. Nous travaillons déjà bien sur la diminution de l’impact et sur le recyclage, mais peu d’attention est encore donnée à l’autre côté du bilan, la compensation, sous toutes ses formes.
(2)    Le bilan « Matériel »
C’est le bilan publié traditionnel. Avec une prudence supplémentaire de ne pas activer trop d’immatériel sujet à spéculations ou changements abruptes, voire de « disparition » par des changements sur les marchés et dans les industries respectives.
(3)    Le bilan « Processus »
Détecter et quantifier la durabilité, l’efficacité des processus de production, la gestion des déchets, l’inclusion des ressources dans l’écosystème de parties prenantes de l’entreprise. L’inefficacité ou la non-durabilité chiffrée se retrouvant sur le passif, et l’aspect cyclique et valorisation de ressources cachées se retrouvant sur l’actif du bilan des processus.
(4)    Le bilan « Emotionnel »
La confiance (ou non), si importante, peut être chiffrée et améliorée en comprenant les actions à mener en amont. Car la confiance est le résultat de plusieurs dimensions du management. La structure de l’algorithme permet de les détecter de façon pragmatique. La motivation (ou démotivation) des équipes est chiffrée également. Elle peut aussi être croisée avec d’autres méthodes de calcul comme l’actualisation de l’inefficacité répercutée sur un pourcentage de la masse salariale.
(5)    Le bilan « Communication »
Tant interne qu’externe, la qualité de la communication conditionne les résultats. Cela impliquera une réflexion en amont sur quoi communiquer, à qui, comment et de quelle façon. Le monde de la communication a fondamentalement changé et est plus en lien avec la psychologie humaine. L’engagement et la fidélisation est une conséquence de cette nouvelle intelligence..
(6)    Le bilan « Connaissance »
Nous sommes entés depuis les années ’60 dans une économie de plus en plus basée sur la connaissance. Il est temps maintenant d’apprendre à l’évaluer, la chiffrer, ainsi que l’ampleur de la non-connaissance. Car si un concurrent en développe, la valeur de son entreprise a une longueur d’avance sur la vôtre. Mettre le doigt dessus, comprendre la potentialité de plus-value, présente une sorte d’anti-matière qui aspire à la création de valeur connaissance en interne. D’autre part, nous pouvons être fiers de certains postes « connaissance », mais de nouveaux entrants peuvent la réduire à néant.
(7)    Le bilan « Bien Commun »
Le sens est le mobilisateur le plus puissant. Tout le monde cherche un sens dans sa vie – les entreprises aussi cherchent à entrer encore mieux dans leur raison d’être, leur mission-vision. La notion de la RSE a d’abord été trop souvent une façon de laver sa conscience des dégâts collatéraux provoqués par l’activité. Maintenant, les plus grands succès de notre époque incluent le sens et la création de valeur dans leur écosystème, en plein cœur de leur business-modèle. Ayons ce réflexe de mesurer l’impact positif et négatif de nos actions. Une responsabilisation qui a comme effet secondaire une mobilisation des équipes et parties prenantes qui peut se chiffrer en multiples de l’investissement. Aussi, cette notion de service peut être la graine du modèle d’affaire de demain.


7. Les ROI (retours sur investissement) d’un travail avec la valeur immatérielle


Il n’y a rien de plus puissant que de demander à une partie prenante : « Nous avons besoin de vous, de vos compétences et excellence, aidez-nous ». Cette vulnérabilité de premier abord débouche sur une alliance forte autour de projets où chacun pourra s’éclater dans son domaine de compétence, s’épanouir, se réaliser. Cela demande une bonne dose d’humilité, et exige de gérer les égos. Mais une fois ce pare-feu traversé, chaque centime investi pour gérer un ou plusieurs postes du passif immatériel sera remboursé au centuple. Cela fait totalement sortir ces entreprises du lot, et attire les meilleures jeunes ressources – qui sont en recherche de sens et de terrains d’accomplissement.
Pour rembourser 1€ d’un passif financier, il nous faut sortir 1€ + intérêts. Pour rembourser 1€ de passif immatériel, il nous faut entre 0.2€ et 0.001€. Une nouvelle idée peut enrichir énormément toute l’entreprise, ou réduire les coûts de façon significative. Un changement d’ambiance ou de style managérial suite à un travail sur les valeurs et la posture, peut avoir un effet énorme sur la diminution de la rotation, de l’absentéisme, de la motivation et de la créativité. Ces ROI sont à chaque fois des larges multiples de l’investissement initial. De quoi intéresser les financiers…


8. Le rôle de l’analyste financier “de demain”


L’entrepreneur dirigeant est en première ligne, dans les « tranchées du changement ». Comptables et réviseurs sont en posture d’assistance et de conseil. Le grand changement est qu’ils ont besoin d’un autre type d’information. C’est le « shift » dans lequel les services aux entreprises se trouvent. Un discernement plus pointu, une nouvelle maturité humaine, une compréhension profonde des enjeux sectoriels, géostratégiques, humains et historiques. Tout le secteur financier, qui doit gérer des valorisations immatérielles allant jusqu’à 90% du market-cap (nous venons de 15% fin des années’80), est invitée à apprivoiser ce nouveau terrain de création de valeur. La plupart des dirigeants estiment que leur personnel n’utilise que 30 à 60% de leur potentiel au service du projet d’entreprise. Cela correspond à la plus grande ressource cachée de toute l’histoire de l’humanité. Assez important que pour s’offrir le temps de s’y attarder et d’apprendre à travailler avec.
9. Quelques exemples illustratifs

Un scan de l’immatériel – le 7D-Value – met en exergue les forces et faiblesses, chiffrées, et offre une compréhension profonde des terrains d’action prioritaires. Exemple : d’abord recalibrer la vision porteuse, ensuite bien communiquer en interne et en externe, reconstruisant la confiance, ensuite gérer les ressources, pour permettre l’innovation. Et non pas concentrer tout sur l’innovation d’emblée. Autre exemple : créer plus d’esprit d’équipe pour ensuite améliorer les processus (et non pas à l’envers).
Cette mesure peut aussi mener à des signaux que l’entreprise est surévaluée ou sous-évaluée. Une info précieuse pour les holdings et analystes.
Pour les collectivités et les régions également, ce nouveau regard offre des toutes nouvelles perspectives. Le potentiel caché des chômeurs et retraités peut être activé en les considérants comme une ressource, plutôt qu’un « déchet » de la société – en mettant en route des programmes contribuant à la prospérité de la communauté, les y incluant activement. Le tout est de détecter leurs talents et potentiels cachés, et de créer des programmes intelligents dans lesquels ils peuvent s’inscrire, ajoutant du sens à leur vie. Tout existe déjà. Les premières expériences en Belgique prouvent son efficacité.
Ce principe en 7 dimensions à fonctionne donc tant pour l’individu, pour l’équipe, pour l’entreprise, la ville, la région ou le pays tout entier.


10. Comment cette nouvelle approche pourrait donner une réponse à la crise de croissance d’aujourd’hui

Nous avons ici une bonne graine. Maintenant, à nous de la semer en terrain fertile : ouverture d’esprit, aspiration à créer de la valeur humaine et sociétale, humilité et courage. Le patronat et ses parties prenantes ont un rôle à jouer dans la mutation en cours. Le système est mis en question et nous sommes en première ligne. Les exemples inspirants existent déjà. Notre expérience est que le processus – qui implique les personnes clé à travers l’entreprise – fait partie du trajet de prise de conscience collectif, et se faisant, développe discernement et maturité managériale. C’est en quelque sorte allier le développement des équipes, de concert avec celui de la stratégie long terme.
Les terrains de croissance changent : plutôt que matériels, les croissances seront de plus en plus immatériels et collaboratifs/systémiques. Les % d’améliorations possibles en entrant dans la notion de « Resources Systemics » sont colossaux. Quand on voit que l’inefficacité de certaines équipes qui ne savent même plus quelle est la mission et vision de leur employeur, ou encore le manque de connaissance de soi –de ses talents – du citoyen, la marge de progrès est énorme. Toute cette excellence dormante, une fois mise au service de la prospérité, offrira d’innombrables solutions aux défis de notre époque. Tout cela évidemment à condition que nous soyons capables d’offrir un espace de rencontre, de travail, d’émergence de cette intelligence collective salutaire. Les travaux faits dans le Voralberg et en Icelande nous prouvent que c’est possible.


11. Vers des modèles systémiques et cycliques plutôt que linéaires


S’inspirant de la nature, ou rien ne se perd et rien n’est inutile aux biotopes, nous sommes invités à créer nous aussi des modèles circulaires. Où déchet devient ressource, ou la logique naturelle prend le dessus sur la logique égocentrique humaine. Cela créera d’innombrables activités qui, à la façon d’un vrai écosystème, compensera les effets négatifs d’activités industrielles et humaines. À nouveau, la condition est d’apprendre à mesurer ces effets négatifs à tous les niveaux, ce qui offre une base de création de valeur pour toutes ces activités. Le coût (total) d’un chômeur, le coût d’un déchet ou d’un biotope naturel souillé, des nappes phréatiques polluées, d’une journée de maladie, d’une dépression ou d’un burn-out, d’une maison non durable…


12. Prérequis d’un succès de ce nouveau modèle


Ici j’ai l’impression de retourner à la case départ… l’intuition première étant que l’humanité est entrain de mûrir, d’avancer en sagesse et en unité. Ce qui exige une plus grande connaissance de soi, cohérence individuelle, authenticité. De nombreuses personnes sont déjà sur cette voie.
Les clés de succès constatées sur le terrain sont entre autres :
a. Contribuer : Le moteur de départ doit être le besoin de contribuer au bien commun, à quelque-chose de grand, qui fait sens. C’est le motivateur le plus puissant de l’humain. Il s’oppose au « greed », à la motivation de faire du fric que pour soi. Cette dernière est morte-née.
b. L’humilité plutôt que la mise en avant de son égo. Cette qualité nous ouvre sur les autres, sur leur excellence, leur beauté, et finalement leurs ressources. L’égo est un obstacle en béton car il est soudé par les peurs amalgamés (de perdre l’acquis, de la faim, de l’insécurité, solitude, rejet, perdre le contrôle, etc.), étant la plus mauvaise conseillère. L’humilité est une porte à ces nouvelles dimensions d’épanouissement.
c. L’amour : Le contraire de la peur étant l’amour de soi, de l’autre, de la vie, de son métier. Ces derniers sont une clé au déclenchement de nouvelles dimensions dans la vie privée et vie d’entreprise. Les grands dirigeants et gens heureux sont des passionnés et amoureux de la vie et de leur activité. Cette énergie permet de traverser les obstacles les plus épais. La peur aujourd’hui, fige les ressources comme un « gras » incompressible, et garde les gens dans un semi-coma, comme des zombies. L’amour permettra de ré-ouvrir les cœurs pour que chacun puisse trouver sa voie véritable.
d. La collaboration ouverte et le partage sont des vecteurs de progrès et de richesse exponentiels. Cela s’oppose à la protection de son savoir, la peur de perdre « l’exclusivité » de ce savoir. C’est de l’égo à nouveau. Ce qui protège est l’excellence, le modèle d’affaires intelligent qui canalise les ressources à travers votre entreprise. Plus on ouvre, plus on reçoit – en général par d’autres biais. C’est une loi de la nature. Les succès récents du crowdsourcing et open innovation le prouvent.
e. La curiosité d’apprendre, d’avancer, de se réaliser, d’innover. S’opposant au maintien absolu de l’ancien – car il rassure.
f. L’ouverture au monde, au nouveau au différent, est accélératrice, contrairement à la méfiance, le conditionnement automatique, et les croyances limitatives, qui sont des freins absolus.
g. Le courage : Une décision individuelle de « se lancer » dans ce qui fait sens pour soi, ce qui correspond à quelque-chose de juste et d’authentique. Cela demande du courage, sachant qu’il va falloir traverser des écueils. Mais ce trajet implique une initiation à la découverte de soi, un alignement salutaire. C’est valable pour une entreprise, pour une ville ou une région. Dérouiller des membres inactifs depuis des décennies demande de l’exercice… Oui, il fait du courage pour ce faire, pour traverser le ridicule, le rejet, la critique.


Il s’agit ici bien d’une humanité plus mature, avec plus de sagesse, d’authenticité et de cohérence. C’est probablement l’avènement d’un monde plus juste et épanouissant ou chacun sera invité à se réaliser, contribuer aux projets communs, n’est-ce pas finalement celui dont on rêve tous pour nos enfants ? En tout cas, c’est celui que les générations Y et Z nous poussent à ouvrir pour eux…


Michel de Kemmeter, fondateur de UHDR UniverseCity et inventeur des modèles 7D-Value et « Resources Systemics »

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